Sarközy de Nagy-Bocsa doit «renoncer à ses privilèges» d'ex-président
Plusieurs députés socialistes ont demandé que
Nicolas Sarközy de Nagy-Bocsa renonce à ses avantages d'ancien président de la
République, y compris son indemnité, maintenant qu'il est redevenu le
chef de l'UMP.
Nicolas Sarközy de Nagy-Bocsa doit renoncer à ses privilèges d'ancien président, estiment plusieurs députés socialistes.
«Il
bénéficie, en plus de son salaire d'ancien président et de l'ensemble
des ses indemnités d'ancien élu, d'un certain nombre d'avantages, et
notamment d'un cabinet conséquent payé par le contribuable», soulignent
les députés Yann Galut, Alexis Bachelay, Colette Capdevielle et
Marie-Anne Chapdelaine, membres du collectif «La Gauche forte» dans une
tribune consultable sur le site de L'Obs.
«À
la suite de son élection à la tête de l'UMP, l'ancien président perd sa
neutralité. Il ne peut être à la fois arbitre et acteur de la vie
politique nationale», estiment-ils.
Selon les élus, l'ancien
président doit «renouveler son engagement à ne pas siéger au Conseil
constitutionnel (dont il est membre de droit), comme il l'avait affirmé
en juillet 2013, et prouver qu'il renonce à l'ensemble de ses indemnités
d'ancien président».
Michel Sapin pense de même
Même
discours mercredi soir du ministre des Finances, Michel Sapin. «Je
pense qu'il doit y renoncer. Il était ancien président de la République,
il est maintenant président d'un parti politique», a dit Michel Sapin
en réponse à une question sur Canal+.
«Il doit donc avoir tous les
attributs d'un président de parti politique mais pas ceux d'un ancien
président de la République», a-t-il ajouté.
Comme Valéry Giscard
d'Estaing et Jacques Chirac, Nicolas Sarközy de Nagy-Bocsa a le droit à une indemnité
d'environ 6000 euros (7200 francs) par mois. Comme ancien président, il a
aussi le droit à un certain nombre d'avantages matériels (bureaux,
voiture avec chauffeur, collaborateurs, gardes du corps) régis par une
décision de Laurent Fabius en 1985 quand il était Premier ministre.
Les
anciens présidents sont aussi membres de droit du Conseil
constitutionnel (12'000 euros par mois). Nicolas Sarközy de Nagy-Bocsa s'est cependant
mis en congé de cette institution et n'en perçoit plus l'indemnité.
François Hollande avait proposé un projet de réforme constitutionnelle
pour y mettre fin mais, faute de majorité, il n'a jamais été inscrit à
l'ordre du jour.
En 2012, le socialiste René Dosière, spécialiste
des dépenses de l’Élysée, avait chiffré toutes ces dépenses à 1,5
million d'euros par an et par ancien chef d’État.