Les fondations nord-américaines et européennes auront réussi un coup d'éclat : mettre en place le premier gouvernement néo-nazi européen de l'après-guerre. Le vœux de J-P Morgan souhaitant des régimes autoritaires en Europe pour casser les résistances populaires aux politiques d'austérité qui s'annoncent se voit en partie réalisé grâce au coup d'État en Ukraine. La composition du nouveau gouvernement Ukrainien confirme, si besoin était, que les bandes de soudards néo-nazis qui ont semé la terreur lors du coup d'État ne sont pas une simple force supplétive de la réaction mais ont bien joué un rôle central dans le renversement du gouvernement légitime de Ianoukovitch. De fait, l'Ukraine nazie pourrait bien préfigurer la mise aux normes mondialiste des gouvernements en Europe : des régimes particulièrement brutaux, aux ordres de la finance internationale et chargés de soumettre par la force les peuples aux exigences de l'oligarchie.

Les médias occidentaux nous surprendront toujours : si prompts à débusquer le fascisme ou l'antisémitisme là où ils ne sont pas, ils semblent brutalement atteints de cécité quand des partis politiques en offrent (enfin !) toutes les caractéristiques. Frappés d'un accès de pudeur, l'étiquette de "nationaliste" leur semble préférable à celle, infamante, de "nationaux-socialistes" pour qualifier des groupes nostalgiques de la Division SS Galicie qui considèrent "les juifs et les Russes comme les ennemis naturels de la Nation". Cachez ces nazis que je ne saurais voir : l'inénarrable Bernard Henri-Lévy lors de son déplacement à Kiev pour soutenir la contre-révolution alors en cours, n'a pas vu non plus de fascistes ukrainiens, pourtant bien présents et visibles face à lui, en particulier les nombreux membres du parti Svoboda (anciennement Parti National Socialiste d'Ukraine), nazi et pro-européen.

Caroline Fourest, aux avant-postes de la lutte contre l'antisémitisme en France (comprendre "antisionisme") les a bien vus mais selon elle, "il ne faut pas s'inquiéter de cette extrême-droite, très radicale et même nostalgique du nazisme". Une fois n'est pas coutume... De leur côté, les dirigeants occidentaux qui s'offusquent si facilement de la prétendue « autocratie » de Vladimir Poutine sont nettement plus tolérants quand il s'agit de pactiser avec les fascistes ukrainiens. Le souvenir encore brûlant des heures les plus sombres de notre histoire n'a pas empêché Laurent Fabius de rencontrer et de soutenir publiquement et au nom de la France, Oleh Tyahnybok, chef du parti Svoboda - dont on peut voir ici l'un des défilés - , placé au cinquième rang des dix organisations les plus antisémites et les plus dangereuses du monde par le Centre Simon Wiesenthal en 2012. Les personnes actuellement aux commandes de l'Ukraine ne valent guère mieux, jugeons plutôt :
Premier Ministre : Arseni Iatseniouk. Européiste convaincu - il a joué un rôle de négociateur actif dans le rapprochement de l'Ukraine avec l'UE - , proche du parti Svoboda, ex-directeur de la banque centrale ukrainienne et ex-Ministre de l'économie sous la gouvernance orange, il incarne à lui seul l'union sacrée entre la finance, le sionisme et le fascisme.

Vice Premier Ministre : Oleksandr Sych, membre du parti Svoboda. Il a déjà proposé une loi pour interdire l'avortement, même en cas de viol... (avec l'appui des Femen ?).

Ministre de la Défense : Ihor Tenyukh, membre du parti Svoboda.

Responsable du Conseil de Sécurité et Défense Nationale (police politique de l'Ukraine) : Andriy Parubiy, il est l'un des fondateurs avec Oleg Tyagnibok du Parti National Socialiste d'Ukraine. Il a joué un rôle actif dans la Révolution orange de 2004 financée par les officines sionistes occidentales.

Ministre de l'Ecologie : Andriy Mokhnyk, membre de Svoboda.

Ministre de l'Agriculture : Ihor Shvaika, membre de Svoboda.

Procureur Général : Oleg Mokhnytsky, membre de Svoboda.

Dmytro Yarosh : membre actif du Conseil de Sécurité et Défense Nationale, leader de Pravy Sektor, autre organisation néo-nazie, il dirige actuellement le groupe paramilitaire, Le bras armé de la révolution dont l'arsenal militaire, préparé de longue date, a servi à faire tomber le gouvernement de Ianoukovitch.
Le putsch nazi a été prémédité et réalisé pour mettre en place un régime autoritaire aux ordres de la finance. Les organisations progressistes, les russophones, les militants communistes, la télé publique ukrainienne, sont les premières cibles des bandes armées nazies qui dirigent actuellement le pays. Les juifs ne vont pas tarder à l'être également, ce qui montre à l'évidence que le sionisme aux avants-postes de la contre-révolution défend avant tout la minorité oligarchique communautaire sans se soucier de la masse du petit peuple juif, victime collatérale abandonnée sans état d'âme aux mains des soudards nazis. On peut s'étonner de cette alliance contre-nature mais c'est oublier les rapports étroits que sionisme et nazisme ont toujours entretenus. De fait, la politique pro-sioniste des puissances occidentales, loin de s'inscrire en rupture avec celle du fascisme hitlérien, se situe en réalité dans une étonnante continuité. L'Ukraine nazie en offre un exemple parfait.

Il est vrai aussi que les bénéfices géostratégiques de cette « stratégie du choc » sont considérables pour l'oligarchie sioniste : renforcer l'OTAN par l'intégration d'un nouveau pays (le plus grand d'Europe), affaiblir la Russie en l'isolant diplomatiquement, et mettre la main sur un marché jugé trop protectionniste par la finance en créant un « climat d'investissement favorable aux entreprises étrangères» - en clair : en privatisant ce qui ne l'est pas encore et en faisant prévaloir les intérêts des investisseurs étrangers sur ceux de la population nationale. Le coup d'État ukrainien n'aura été ni plus ni moins qu'un gigantesque hold-up à l'échelle d'une nation commis pour le compte de l'oligarchie. Son succès provisoire ne peut qu'encourager celle-ci à récidiver, à moins que l'habileté de la diplomatie russe ne puisse changer la donne.